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L'OLIVIER QUI VOULAIT MOURIR ... Poème philosophique de Fernande, lauréate des "Arbres du Désir"

Mis à jour : janv. 14




Il se tenait là au milieu

Du champ aride, blanchâtre, rocailleux

Son corps trapu, tourmenté, tortueux

Agitait frénétiquement

Ses fines feuilles d’argent.

Il avait toujours été là

De mémoire de force aïeux.

De son tronc millénaire s’échappait

Une sourde prière qui disait

Je veux mourir, je veux mourir

J’ai vécu trop de temps

Abrité trop de manants

Nourrit trop de gens

De mon huile dorée. Si longtemps

J’ai vu le monde toujours recommençant

Les mêmes erreurs, les mêmes errements

Je suis las, épuisé, déçu, désabusé.

Je veux mourir, c’est mon seul désir.

Mais voilà que le vent

En ces contrées rémanent

Se lève un jour, trois jours, plus longtemps

Son souffle mistralien entraine au loin

La sourde plainte, dans tous les coins

Du village voisin.

Je veux mourir, je veux mourir

Entend-on du clocher pointu

Au lavoir asséché.

De la fontaine moussue

Aux terrasses ensoleillées.

Au neuvième jour, le tronc exhale

Un craquement sinistre.

Les branches suivent, dans le même registre,

Les feuilles argentées s’affolent

Sous l’emprise du dieu Eole.

C’est alors que devant la foule accourue

La terre tremble, l’arbre s’ébranle

D’un coup fatal, se fend en son milieu.

L a chute est lente, létale

Pour un dernier adieu.

Du centre éventré monte vers les nues

Une tremblante flamme, toute argentée.

C’est l’âme enfin secourue,

Par le ciel conviée

Du trop vieil olivier.



BIENTOT FERNANDE EN LIVE QUAND LE VENT NOUS LE PERMETTRA ... A SUIVRE


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